Le Loup Argenté

 

Durant une nuit, un chaton blanc se perdit dans la forêt d'arbres touffus. Jouant, courant après un papillon de nuit, il tomba dans l'eau d'une rivière. Un loup argenté passait par là, et depuis la rive, vit le chaton. L'éclat de la lune se reflétait sur les ondes bleutées et agitées du courant. Les hululements des oiseaux nocturnes perturbaient le silence qui étreignait cette soirée. Quelque chose dans l'atmosphère lui dit qu'il devait sauver le petit animal, et c'est ce qu'il fit sans y penser deux fois.

Pendant des jours et des jours durant, le loup marcha dans la forêt, le chaton perché sur son dos. De cette manière, il chercha la mère du petit animal sans jamais retrouver sa trace. Évidemment, de longues pauses s'imposaient afin de se nourrir et de se reposer. Le loup chassa pour le petit comme un parent ferait pour sa progéniture et le laissa dormir près de lui, allant même jusqu'à le rassurer quand le chaton se mettait à miauler désespérément. Parfois, l'écho de ses gémissements douloureux résonnait dans la nuit noire, et le loup tâchait de le consoler tout en prenant garde à d'éventuels prédateurs qui pourraient les attaquer.

Après plusieurs jours, l'animal se rendit à l'évidence : il ne retrouverait jamais la chatte qui avait perdu son chaton. Sa décision étant prise, il ramena le chaton dans sa tanière et lui fit comprendre la situation. Le chaton pleura un long moment avant d'accepter ce qu'il lui arrivait.

Par la suite, le loup apprit au chaton à chasser dans l'immense forêt dans laquelle ils habitaient tous deux, et il lui enseigna également comment se mettre à l’abri des menaces qu'elle contenait.

Le gros et le petit animal s'entendaient comme s'ils avaient le même sang. Le chaton pouvait être féroce tel le loup, et le loup savait être doux comme le petit chat qui partageait son foyer.

Le chaton finit par grandir, devenant un chat intelligent, mais il ne quitta jamais le loup qui était maintenant son ami le plus proche.

« Qui aurait pensé que ces deux-là seraient amis ? disait mon père après avoir fini de raconter son histoire.

– Moi. » je chuchotais.

Et à la fin de l'histoire, le chat sauva le loup à son tour.

« Et la suite ? Ça ne peut pas finir comme ça... et je ne me suis même pas endormi.

– Tu n'as qu'à l'imaginer. »

Et c'est ainsi que j'appris qu'il faut surmonter les différences entre chacun d'entre nous.

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